ACTE PREMIER
Le théâtre représente un salon élégant. Au fond, un jardin d'hiver. Portes à gauche et à droite. Lampes allumées ; luminaire de petite réception.
SCÈ'KE TTIES\CIÈTIE
IRÈNE, PAULINE. An lever du rideau, Pauline raisonne sa sœur avec tendresse. Irène, agitée, nerveuse, traverse la scène dans toute sa largeur. Les hommes sont à fumer, en vue, derrière la porte vitrée d'un jardin d'hiver.
PAULINE
Enfin, qu'est-ce que tu reproches à ton mari ?
136 LHS TENAILLES
IRÈNE, avec force.
Je lui en veux de ne pas l'aimer,
PAULINE
A qui la faute? Tu l'accuses de n'être pas aimé. Il te répondrait peut-être que tu n'es pas aimante.
IRÈNE
Ah ! je sens bien que je saurais chérir quelqu'un, que je le peux, que j'y aspire de toute mon âme! Mais celui-ci, en dix ans de mariage, de vie en commun, il m'a conduite, non pas même à la résignation ! c'est au désespoir que j'en suis!
Ah ! quand j'ai vu, le mois dernier, que cette satanée loi du divorce venait d'être décidément votée, j'ai aussitôt pensé au nouveau stimulant que vous alliez y trouver, toi et tes pareilles, ma pauvre Irène, qui jusqu'à présent vous contentiez de faire tout bonnement très mauvais ménage...
IRÈNE
Je ne m'en suis jamais contentée.