‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 59 sur 176 · ACTE I, SCHNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCHNE

PAULINE, lin peu piquée.

Voilà un trait dont je ne saisis guère l'àpropos.

IRÈNE

Ah çà! tout à l'heure, en dînant, pendant les récits que Michel Davernier nous faisait de son séjour en Grèce, tu ne te rappelles pas ce que ton mari a dit, dans cet ordre d'idées. Il a dit tout naturellement : « Si j'avais le malheur de perdre ma femme, et que je fusse encore assez jeune, je m'en irais faire un grand tour, partout par là-bas. » Toi aussi, tu as eu l'air de trouver cela tout naturel.

PAULINE

Eh bien, quoi?

IRÈNE

Qu'un bon mari, en face de sa bonne femme, entrevoie ainsi un art d'être veuf : se mettre à voyager... avec un tout petit bagage...

Tu vas toujours aux extrêmes.

IRÈNE

Et toi, telle est donc ta manière de bien

s'accorder en ménage ! Ce n'est pas comme cela que je veux être aimée, ni que je peux aimer. C'est contre cette misère que je crie et que je me débats ici.

PAULINE, malicieuseinent.

Si j'ai prêté peu d'attention à ce propos de mon mari, c'est sans doute que je m'amusais alors à te contempler.

IRÈNE

Moi?

PAULINE

Oui, toi, pendant que Michel Davernier nous tenait sous le charme de sa parole. Ses idées m'ont paru diablement avancées sur toutes choses; mais tu m'as eu l'air de le trouver fort éloquent!...

IRÈNE, avec embarras.

Que vas-tu chercher là?

PAULINE

Veux-tu même que j'ajoute le motif auquel j'attribue l'irritation particulièrement nerveuse

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