ACTE II, SCENE I
IRÈNE
Cela ne dépend pas de moi ! J'éprouve quelque chose de plus fort que moi !
Vous n'avez pas toujours été ainsi ?
IRÈNE
Ah! parbleu! je n'ai demandé, d'abord, comme toute jeune fille qui se marie, qu'à aimer celui dont je devenais la femme. J'ai essayé, j'ai lutté. J'ai tourmenté mon cœur, comme on se macère envers ce que l'on vous enseigne être la foi. Je n'ai pas pu triompher de moi. Je ne le peux pas! Je ne le peux pas! Et je vous jure, de toute mon âme, que je ne le pourrai jamais. C'est par expérience que je ne vous aime point, par habitude, par progrès.
F ERG AN, hors de lui.
Il n'y a pas une de vos paroles qui ne soit une violation de votre devoir et un défi à tous mes droits.
Je ne prononce pas un mot qui ne soit la
plainte et le cri vrai de tout mon être ! ■ .■ ,
174 LES ^-ENAILLES
Je ne comprends pas où vous en voulez
venir.
Moi, je ne m'explique pas où vous en voulez rester!
FERGAN
Qu'espérez-vous?
IRÈNE
Et vous?
Que vous êtes folle ! Au moins, ça se soigne.
IRÈNE
l'espère, moi, que vous serez sage.