ACTE II, SCÈNE VI
IRENE
J'espère qu'il va céder. Je ne saurais m'attendre à un acharnement insensé, de sa part, contre la seule solution imaginable... Comment n'aurait-il pas aujourd'hui le même besoin que moi de se libérer? On ne peut pas vouloir rester en enfer !
MICHEL
Oh! je veux vous croire... je vous crois!
IRÈNE
Mais, pour devancer le grand événement qui s'agite, là en dehors de nous, une grande résolution aussi s'impose, à vous et à moi. Ce projet de partir, auquel je me suis opposée naguère, il va falloir maintenant que vous l'exécutiez.
MICHEL
Vous quitter!
IRÈNE
Oui!... S'il m'est donné de pouvoir devenir votre femme... alors, ce sera dans un an peut-être qu'il vous sera permis de revenir, après les délais qui nous sépareraient encore...
Mais si ma chaîne ne devait pas être brisée. (Avec un sanglot.) nous nc nous reverrons plus.
Irène !
IRÈNE
Nous serons pour toujours séparés, chacun dans la dignité de notre deuil, dans le deuil des mariages promis, qui ne doivent plus se conclure!... Du fond de l'âme, sommes-nous d'accord?
MICHEL
Mais je ne peux plus m'éloigner de vous, à présent! Je n'ai plus cette espèce d'énergie sauvage qui me soutenait jadis. Je ne saurais désormais me passer de votre présence ou de votre voisinage. Quand nous ne sommes pas ensemble, il me faut le souvenir tout chaud d'avoir ainsi tenu vos mains, et l'espérance que je vais bientôt me pencher sur vos yeux, respirer le parfum de vos paroles... (Il veut l'attirer à lui, la Presse et l'inijuicie.)
IRÈNE
Michel, ne me troublez plus, ne m'ôtez pas ma confiance en moi, ne diminuez pas la foi