ACTE II, SCÈNE IX
Aucun!... Je ne vous inflige ni sévices ni injures graves. Je ne suis pas adultère. Je n'ai pas encouru, que je sache, de condamnation infamante. En dehors de ces trois cas, et contre le mari que je suis, vous ne pouvez rien demander aux tribunaux.
IRÈNE
Je puis faire, et tant faire, que ce soit vous, alors, qui leur demandiez de vous débarrasser de moi !
FERGAN
Nullement.
IRÈNE
Pourtant, si je vous crée je ne sais quelle situation impossible?
FERGAN
Vous ne triompherez pas de mon caractère.
IRÈNE
Nous verrons bien!
FERGAN
Quelque grief que vous me donniez, je n'y répondrais qu'en vous bridant plus étroitement.
IRENE
Je quitterai le domicile conjugal, je prendrai la fuite...
FERGAN
Je vous ferai ramener par les gendarmes.., (Soubresaut d'Ircue.) J'en ai le droit.
IRÈNE, on fiée.
Et si la révolte faisait de moi une femme qu'un homme d'honneur ne puisse pas garder ?
FERGAN, iiilraitahleiiient.
Je vous garderais ! ... Il me plaît de ne pas vous rendre votre liberté. Et quand ce ne serait là que mon bon plaisir, c'est légitime que je l'oppose au vôtre. Je vous tiens, je ne vous lâcherai pas!
IRÈNE
Oh! qu'il n'y ait plus d'esclaves, plus de serfs nulle part; et que l'on doive pourtant être esclave, être serve, parce que l'on a un mari!... Qu'il n'y ait plus de vœux éternels devant Dieu, puisqu'une religieuse, de nos jours, peut quitter le couvent, et qu'il y ait un vœu éternel de l'époux devant l'autre époux I Que chacun ne soit pas le premier à posséder