ACTE III, SCÈNE I
VALANTON.
Oh! bien, mon cher, attendez, s'il vous plaît, que Pauline et moi nous ayons terminé notre villégiature chez vous.
FERGAN
Impossible ! La rentrée des classes a lieu aujourd'hui même, j'ai prévenu au collège de Saint-Christophe, à quinze kilomètres d'ici, que René y coucherait ce soir. A diverses reprises, Irène s'est montrée si hostile à l'idée de se séparer du gamin que j'ai mieux aimé la laisser en paix jusqu'au dernier instant.
VALANTON.
Comment? vous n'avez pas encore pris le soin d'obtenir son assentiment!
FERGAN
Elle me l'a refusé en chaque circonstance, et avec ces façons nerveuses que nous lui avons connues autrefois. Alors il m'a paru préférable de me taire sur ce sujet auprès d'elle, de lui épargner de l'agacement à l'avance, de la trépidation superflue... De toute manière, n'estce pas? la crise de la séparation était inévitable.
2o8 LES TENAILLES
Mieux valait donc ne raisonner Irène qu'une fois pour toutes, au moment même d'exécuter ce que j'ai résolu.
VALANTON.
Hum! hum! Cela, en effet, ne devra pas marcher tout seul. (Se disposant à partir avec ses engins.) Tâchez au moins que le raccommodement soit fait quand je rentrerai... Je m'en vais m'installer avec mes lignes dans un petit coin que j'ai découvert.
FERGAN
Quelle espèce de poisson pêchez-vous?
VALANTON, modestement.
Heul... je n'en exclus aucune!
FERGAN
Mais qu'est-ce que vous prenez?
VALANTON.
Rien.
FERGAN
C'est que vous ne connaissez pas votre métier.