DE L'INCENDIE DE SODOME
Le Seigneur appnrut un jour à Abraham, sous 1,1 figure Je trois liommcs qui s'en .-illaient à SoJonic.
(Genèse, cliap. x v ii i .)
A lune Otant pleine dans le signe du [x Cancer, une lumière limpide et souple inondait Tanis, la capitale ^^^ choisie par l'Hiq-Sous vainqueur.
Parvenue à l'apogée de son ascension nocturne et gardée par la constellation du Grand Chien, ]a divine Isis dormait dans le ciel pur. La lueur
de son ventre arrondi par la fécondation d'Osiris illuminait, sur le bord des avenues, la barbe grise des sphinx de granit.
Dans le quartier des riches villas, Niébès, le dernier descendant des Pharaons détrônés, veillait avec ses deux amis sur la terrasse de sa maison blanche. En souvenir de sa noble origine, il portait, dans la ceinture brodée qui plissait finement sa schenti, le royal poignard de bronze à tête d'épervier.
Les trois compagnons étaient étendus sur un amas de coussins quadrillés et de tapis historiés, à l'abri d'une moustiquaire de gaze sillonnée de fils d'or, que soutenaient quatre colonnettes de bois jaune et brillant. Autour d'eux, les tabourets de cèdre, chargés de figurines en verre, de gobelets, de flacons où scintillaient la liqueur et l'essence parfumée. Ici traînait un échiquier d'ivoire; là brillait un miroir d'acier.
Nul ne parlait ; mais chacun sentait un goût pervers sur sa langue, comme après avoir mangé le fruit du svcomorc.