‹ ThéâtreChapitre 25 sur 112 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Un jardin ; il est nuit.

L'INFANT et JACINTHE entrent en marchant à tâtons.

Doucement! Pas de bruit!

l'infant.

A peine si je pose le pied sur le sol, à peine si je respire.

jacinthe.

Vous voici au jardin. Et comme don Gutierre est en prison et que la nuit vous favorise de ses ténèbres, n'en doutez pas, monseigneur, vous obtiendrez tout ce que votre altesse désire. Ce sera là une douce victoire.

l'infant.

Jacinthe, si la liberté que je t'ai promise te semble une trop faible récompense pour un si grand service, demande davantage et tu l'auras. Je te dois plus que la vie, j-e te dois la joie et le bonheur de mon âme.

jacinthe, C'est ici que ma maîtresse a coutume de venir. Elle passe d'ordinaire une partie de la nuit sous ce berceau.

l'infant.

Tais-toi, tais-toi ; je crains que le vent ne nous écoute, et que l'écho ne trahisse nos paroles.

jacinthe.

Je vous laisse ; moi, afin que mon absence ne réveille aucun soupçon, je vais de ce côté.

Elle sort.

l'infant.

Amour, amour, protége-moi ! Que ce feuillage épais me cache à tous les yeux! — Je ne suis pas le premier dont le feuillage des bois

ait favorisé les amours. C'est ainsi qu'autrefois le chasseur Actéon contempla les charmes de Diane.

Il s'éloigne. Entrent DOÑA MENCIA, JACINTHE et THÉODORA.

doña mencia, appelant.

Silvia î Jacinthe ! Théodora !

JACINTHE

Que voulez-vous, madame?

DOÑA MEXCIA.

Apportez moi des flambeaux. — Mais non, venez toutes. Essayons de faire diversion à l'ennui qui m'accable. Don Gutierre ne rentre pas, Théodora !

TIIÉ0D0RA.

Plaît-il, madame?

DOÑA MEXCIA.

Chante-moi quelque chose afin de dissiper ma tristesse.

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