ACTE m
idéals. vous leur resterez fidèle, parce que Napoléon.
encore une fois, n'est pas un despote mais un héros.
Et tenez, ce qui vous convaincra complètement.
c est qu'il est admiré non seulement par les autres peuples, mais par vos propres compatriotes.
BEETHOVEN. - Comment! Mes compatriotes' LA PRINCESSE. - Parfaitement. Je l'ai vu moimême, il y a deux ans. après la proclamation de Empire. Me trouvant alors à Cologne, j'ai assisté à 1 entrée de Napoléon dans cette ville. J'ai vu toute la population l'acclamer. Et c'étaient des cris, des tonnerres d'enthousiasme dans toutes les rues qu'il traversait. Et on m'a affirmé que sa réception à Aixla-Chapelle et à Mayence fut tout aussi triomphale. — (Un temps.)
BEETHOVEN se taH.
LA PRINCESSE. - Et Gœthe. le plus puissant poète actuel que vous tenez en si haute estime, mais tout le monde sait qu'il a pour Napoléon un véritab e culte, qu'il le considère comme le génie le plus bnl ant de l'Europe et surtout comme le restaurateur de 1 ordre après l'horrible anarchie de la révolution
BEETHOVEN. - Oui. j'ai lu que c'étaient là ses idées sur Bonaparte.
IJCHNOWSKY. - Bref, quand des milliers d hommes, parmi lesquels les premiers de notre époque, n'ont que de l'admiration pour l'Empereur des français, vous aussi vous pouvez lui avoir rendu hommage en une œuvre musicale. Et cela vous pouvez le proclamer devant ses compatriotes, sans que
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vous ayez le moindre blâme à encourir de qui que ce soit.
BEETHOVEN. — Je me serais donc trompé en lui reprochant de s'être fait nommer empereur —
LA PRINCESSE. — Oui, mon ami, vous vous êtes trompé. Il avait les apparences contre lui. Et il a été l'objet de tant de calomnies. Mais ce furent les Grands Corps de l'Etat, nous le savons tous, qui jugèrent que Bonaparte devait accepter la dignité impériale
UCHNOWSKY. — Oui, les Grands Corps de l'Etat, le Sénat en tête. Le jeune héros avait sauvé la France de l'anarchie. Par ces victoires éclatantes il lui avait rendu son prestige. Il avait accompli l'ceuvre grandiose du Consulat. Les hommes les plus éclairés du pays comprirent qu'il devait la consolider et tranquilliser le peuple, lui donner des institutions qui prolongeraient pour les enfants ce qu'il avait fait pour les pères.
l^A PRINCESSE. — Ce sont donc les représentants autorisés de la France qui ont proclamé l'Empire —
lAChlNOWSKY. — Proclamation que la nation entière salua avec joie —
h A PRINCESSE. — Vous voyez, mon ami. Napoléon, loin d'être un ambitieux, un t5n-an, a été au contraire le sauveur de son pays, comme il sera le nôtre.
BEETHOVEN . — Je me serais abusé à ce point î