‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 35 sur 105 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

^ LA PRINCESSE. - D'ailleurs un tyran, un égoïste fait-il des œuvres comme celles qu'il acconv plit. Car ce prodigieux capitaine est aussi un grand administrateur, infatigable, travaillant nuit et jour, il s'occupe de tout, organise tout.

UCHNOIVSKY. - C'est vrai, il consolide les résultats sociaux de la Révolution en maintenant l'égalité civile. Il protège le travail, crée des écoles, encourage les sciences. L'industrie avance à pas de géant. Le commerce prospère. De nouveau, dans tout le pays, l'argent abonde. Il fait ouvrir de nouvelles routes grandioses, creuser des canaux, améliorer les ports —

LA PRINCESSE. - Il favorise les arts, la musique, la pemture. l'architecture. A Paris, on construit de brillants palais, des rues magnifiques, des ponts maje.-tueux. Le Louvre réunit tout ce que l'art a produit de plus grand, de plus beau. Et tout cela est l'oeuvre de l'Empereur. 11 fait naître dans ses états comme par enchantement tout un merveilleux renouveau. Et ce surhomme, ce génie bienfaisant ne mériterait pas d'être admiré, glorifié!

BEETHOVEN. - Il fait toutes ces choses. Ce serait mjuste de le nier. Mais ses guerres — !

THERESE. — Oui, ses guerres'

UCHNOWSKY, doucement. Allons, Louis! Je vous 1 ai montré pourtant. Ce sont les autres peuples. l'Angleterre en tête, qui ne veulent pas faire la paix. Napoléon est obHgé de continuer la lutte gigantesque engagée depuis plusieurs années entre

«8 BEETHOVEN OU l' HÉROÏQUE

U France et les Puissances coalisées, la Fiance qui. après avoir lutté contre TEurope pour les prtncpes de la Révolution, ne prétend pas perdre ses conquêtes, et les Alliés qui ont peur de esprrt nouveau e, combattent pour le maintien de 1 anc.en régime de la monarchie absolue, de la puissance colomale ou territoriale. Mais dans la lutte imposée a son pays Napoléon ne fait que le défendre. Et POuvons-us lui en vouloir si, dans cette défense, .1 deplote un Unie qui frappe ses ennemis de stupeur et le mond^ Stier d-admiration! Allons, vous voyez b.en qu .1 est encore l'homme qui vous a msp.re votre Héroïque.

LA PRINCESSE. — Oui. maintenant vous êtes convaincu, n'est-ce pas?

BEETHOVEN. — Décidément, il faut croire que j'ai mal jugé cet homme.

THERESE. — On dirait.

LA PRINCESSE. — Alors vous jouerez?

BEETHOVEN. — S'il en est ainsi, oui, je le peux. LICHNOWSKY et LA PRINCESSE, ensemble. — Ah!

THERESE, à part, à Beethoven. - Et nous avons l'espoir d'être unis.

LICHNOWSKY. — Et puis, nous vous procurons une occasion unique d'exécuter votre symphonie, non pas au piano comme une sonate, mais comme vous voulez que vos symphonies soient rendues.

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