ACTE V
JEAN, bas — Mauanie! L-a chambre df M. Beethoven est grande ouverte et il n'y est pas. Je ne l'ai vu nulle part au château — (La princesse et le prince déçus ont, un montent, l'air contrariés. Les spectateurs s'en aperçoivent. Dans tous les groupes on chuchote.)
LICHNOVVSKY , se dominant. — Il est au parc comme je l'avais pensé. (A Jean et à un autre dornesticfue . ) Jean et Guillaume, allez au parc avec des flambeaux et cherchez après M. Beethoven.
LA PRJNCESSE. — .Allez voir d'abord aux endroits qu'il fréquente le plus volontiers.
THERESE. — il fait souvent le tour de l'étang. (Les deux laquais quittent la salle. LichnoWshy rejoint le général tandis que la princesse et Thérèse restent seules un moment.)
LA PFUNCESSE. — Et personne ne l'a vu sortir du château.
THERESE. — Sa chambre se trouve près de l'escalier qui conduit à la porte de derrière.
LA PRINCESSE. — Il a voulu celle-là poui rentrer et sortir plus librement. (Tout à coup prise de peur :) O mon Dieu! Tu le connais mieux que nous, Thérèse. Crois-tu qu'il vienne?
THERESE. — Je ne sais que penser. Tantôt quand j'étais seule avec lui, avant que Charles et toi vous soyez venus nous rejoindre, il ne voulait pas jouer.
LA PRINCESSE. — Et à nous, il nous a demandé de l'en dispenser. 11 ne jouera pas! Charles et moi^
nous l'avons trop brusqué. Il est allé, Dieu sait où, pour ne pas assister à la fête.
THERESE. — Ah, ciel! Ciel!
LA PRINCESSE. — On ne le trouvera pas. — Et alors que vais-je dire à mes invités, au général et aux autres? Ils ne voudront entendre la symphonie que dirigée par son auteur, par Beethoven. Et nous les aurons fait venir et attendre pour rien, un général de Napoléon, son représentant. Jamais je n'oserai reparaître devant eux ...Ah, Seigneur! — Mais je suis folle! Folle! Mon imagination me fait entrevoir des choses — terribles.
THERESE, effrayée, elle aussi. — S'il était — ! Non, non! Je n'ose pas le penser. Ah, mon Dieu! mon Dieu! (A la princesse.) Allons voir dans sa chambre si ses objets —
LA PRINCESSE, affolée. — Comment! Tu crains qu'il — (Mais les deux domestiques se présentent à la porte aûec les flambeaux allumés. Aussitôt la princesse et Thérèse courent vers eux, et le prince aussi est arrivé rapidement, tandis que le murmure des conversations, tout à coup, cesse. Tous les regards sont fixés sur les domestiques et leurs maîtres.)
JEAN. — Nous avons parcouru tous les chemins autour de l'étang. Nous avons passé devant le banc près de la statue de Diane où M. Beethoven aime à s'asseoir. Nous ne l'avons pas rencontré.
(Les LichnowsJ^y sont visiblement déconcertés. Parmi les invités de vives conversations reprennent On distingue)