SCENE VI
GEORGES, (puis) LOUIS.
GEORGES prend dans le hu^et, l'un après l'autre, les objets nécessaires et met la table. A peine a-t-il fini
i^'>f^ LA CONQUÊTE DU BONHEUR
qu'il entend du bruii dehors. — Lui! La soupe! (Il i>a dans la cuisine. Louis entre au fond. Il est coi^é de son chapeau et en pardessus.)
LOUIS. — j'ai faim. (Très étonné.) Quoi? Le professeur est là! Son chapeau! Son pardessus! (Il ôte luimême son pardessus et h pend avec son chapeau au portemanteau. Georges entre avec la soupe.)
GEORGES. — Bonjour, Louis. (Il dépose la soupière sur la table. Puis faisant un e^ort pour sourire, d avance vers son frère.) — Comment vas-tu? (Il lui donne la main.)
LOUIS. — Assez bien, merci. (Il s'assied et regarde Georges comme s'il attendait une explication. Un grand silence.)
GEORGES. — Oui, tu es surpris de me voir ici quand il n'y a pas de vacances. C'est que j'ai démis- •ionné à Basseville.
LOUIS, très étonné. — Démissionné?
GEORGES, sans s'arrêter à cette interruption. — Parce que j'avais trouvé un meilleur emploi à Bruxelles. C'est-à-dire, je croyais en avoir trouvé un. Car il est déjà donné, mallieureuseiiient.
LOUIS, sursautant. — Donné?
GEORGES. — Oui, comme je viens de l'apprendre.
LOUIS. — Mais qu'est-ce à dire? Démissionné à Basseville et raté l'autre! Mais alors tu n'as plus rien? GEORGES. — Rien.
LOUIS. — Et tu dis cela avec un flegme!