‹ ThéâtreChapitre 4 sur 22 · LES PRECEDENTS. SARAH · texte numérisé non relu

LES PRECEDENTS. SARAH

{Elle porte sur l'épaule une cruche qu'elle soutient de la main.)

SARAH ^ à part, à Jésus. — Myriam me quitte. Nous nous sommes rencontrées au puits. Elle t'envoie ses amitiés.

JESUS sourit.

JOSEPH, à Jésus. — Alors, si nous ne pouvons jurer, comment donnerons-nous plus de force à notre affirmation, quand on ne veut pas admettre nos dires?

MARIE, à Sarah, qui dépose la cruche à terre dans un coin frais- — Joseph nous raconte que Philippe, le fils de Zalma, aurait répudié sa femme, et je ne veux pas le croire.

JESUS, à Joseph. — Il faut dire : Oui, oui! Non. non! Ce qu'on dit de plus vient du Malin. ( 1 )

JOSEPH. — Comment, du Malin?

MARIE. — Ton frère a raison. Joseph. Aujourd'hui tu jures sans nécessité par ta tête ou par autre chose qui doit t'être cher ou sacré, et cette chose tu la profanes. Demain ta abuseras du nom du Seigneur, et il est écrit : Tu n'abuseras pas du nom du Seigneur. Car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui abuse de son nom. (2)

JESUS. — C'est un des dix commandements. JOSEPH. — Je le sais bien. Ne connaîtrais-je plus les dix commandements maintenant!

LEVI. — Tu n'en a pas l'air.

JOSEPH. — Toi, gosse, avant d'en juger, va d'abord les apprendre. (Aux autres.) Ce n'est pas parce que. pendant mes loisirs, je joue de la flûte et compose des danses ou des chants, que je ne connaîtrais pas les prescriptions de Moïse.

MARIE. — Alors.?

(1) Mathieu, V, 37.

(2) 2 Moïse, XX, 7.

JESUS. — Beaucoup les connaissent et ne les appliquent pas. . . bien.

(SAMUEL entre, vivement et fiévreux. Ouvrier forgeron, il ne travaille plus depuis la veille parce que son patron le paye mal.)

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