ARAHINTE, LE COMTE, MADAME ARGANTE, MAR- THON, DUBOIS, LUBIN
LUBIN, en entrant, k Dubois.
Tu es un plaisant magot!
MARTHON.
A qui en avez-vous donc, vous autres?
DUBOIS
bi je disais un mot, ton maître sortirait bien vite.
LUBIN
Toi? Nous nous soucions de toi et de toute ta race de canailles comme de cela.
202 THÉÂTRE DE MARIVAQX.
DUBOIS
- Comme je te bétonnerais, sans le respect de madame t
LUBIN
Arrive, arrive 1 1» voilà madame.
ARAMÏNTE.
Quel sujet avez-vous donc de quereller? de quoi s'af it-il?
MADAME AROANTB.
Approchez. DuboBft. AppreoeMiottft ce qiia c'est <|ue ce mot que vous diriez contre Dorante; il. serait bon de savoir ce que c'est.
LUBIN
Prononce donc ce mot.
ARAMINTE
Tais-toi, laissQ*le parler.
DUBOIS
n y a une h^ure qu'il me dit mille i&vectives, madame.
LUBIN
Je soutiens les intérêts de mon maître, je tîte des gages pour cela, et je ne souffrirai pas qu'un o&trogoth menace mon maître d'un mot ; j'en demande justice à madame.
MADAME ABGANTE.
Mais, encore une fois, sachons ce que veut dire Dubois par ce mot ; c'est le plus pressé.
LUBIN
Je lui défie d'en dire seMemeni ime leUM.
DUBOIS
C'est par pure colère que j'ai fait cette menace, madame, et voici la cause de la dispute. En arrangeant l'appareement de M. Dorante, j'y ai vu par hasard un tableau où madame est peinte, et j ai cru qu'il fallait l'èter, (fit'tk n'avait que faire là, qu'il n'était paint décent qu'il y restât; de sorte que j'ai été pour le détacher : ce butor est venu pour m'en^ empêcher, et peu s'en est fallu que nous ne nous soyons battus.
LumN*
Sans doute : de quoi t*&vises-tu d'ôterce tableau, qui est tout à fait gracieux, que mon maître consîdérait, il ny avait qu'un moment, avec toute la satisfaction possible; car je l'avais vu ({ui l'avait contemplé de te«l son eœur.. Et il prend fantaisie à ce brutal de le priver d'une peinture qui réjouit cet honnête homme. Voyez la malice ! Ote-lui quelque autre meuble, s'il en a trop; mais laisse-lui cette pièce, animal.
DUBOIS
Et moi, je te dis qu'on ne la laissera point, que je la détacherai moi-même, que tu en auras le déoieatij el que ma dame le voudra ainsi.
ARAUmTE.
Eh ! que m'importe ! Il était biea nécessaire de faire ce hruJt-là pour un vieux tableau qu'on a mis là par hasard, et qui y est resté 1 Laissez-nous. Gela vau(41 la ineine qu'on en parla?
MADAME AftGANTE, d*an ton a%r»
Vous m'excuserez, ma Illle; ce n'est point là sa place, et il n'y a qu'à Tôter : votre intendant se passera bien de ses o(»»templations.
.ARAMTNTE, soQrlant d^in air raîllonr.
Oh ! VOUS avez raison; je ne pense pas qu'il les regrette/ (a Lnbia t% à Dubois.) Rettrez-vous tous deux.