‹ Théatre (volume 2)Chapitre 145 sur 166 · SCÈNE XII DORANTE, ARAMINTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XII DORANTE, ARAMINTE

ARAMINTE

Approchez, Dorante.

DORANTE

Je n*ose presque paraître devant vous. ^

ARAMINTE, à part. «^

Ah 1 je n'ai guère plus d'assurance que lui. (Hant.) Pourquoi vouloir me rendre compte de mes papiers? Je m'en fie bien à vous. Ce n'est pas là-dessus que j aurai à me plaindre.

DORANTE

JUdffine..,, j'ai autre chosô à dire«* Je swsâi ioteidU, si Mmblant,. que je ne aaiurais parler,

ÂftAXmns, k part, «rœ éaiitidH.

Ah 1 que je crains la fin de tout ceci \

Un de Tos fermîeES est Tenu tanlèt, flMdame*

ARÂMINTB, émue.

Un de mes /eriniers?... Cela se peut*

DORAJNTE.

Oui, madame... il est venu.

ABAMINTEy. toiyoïirs émne.

Je n'en doute pas.

DOBÀNTB9 éoHU

Et j'ai de ra>g8|it à vous nemettrei*.

Ah 1 de l'argent?... Nous verrons.

Quand il vous plaii«, madame, de le recavoAr.

ABAVINTE.

Oui... je le recevrai... vous mêle donnereï. (a pan.) Je ne sais ce que je lui réponds.

IKNKANTS.

Ne serait-il pas tanps de vous l^appcn^ e»80ir <ni <emaiii> madame?

ARAMINTE

Demain, dites-vous? Comment vous garder jusque-là, après ce qui est arrivé?

, DORANTE, plaintitemeat.

De tout le temps de ma vie que je vais passer loin de vous, je n'aurais plus que ce seul jour qui m'en serait précieux.

Il n'y a pas moyen, Dorante ; il faut se quitter. On sait que vous m'aimez, et on croirait que je n'en suis pas fâchée.

DORANTE

Hélas! madame, que je vais être à plaindre!

ARAMINTE

àkk elèM, Dncifite; ehacuo a aea^bigniQa.

LES FAUSSES GONFIDENCSS. 33»

DOHANTE.

J'ai tout perdu : f avais un portrait » 4)1 je oe l'ai plus.

ABAIUNTE,

A quoi viMis sert 4d l'avoir? Vou» cnvez poiodre.

le ne poumi de tongtemfKS m'en éédommgier. D'ailleurs, eeldi^i m'aucaU élé mm elien II « été emre im mains, SMiéanie.

Vais vous n^tes pas raisonnable.

DORANTE

Ah 1 madame» je vais être éloigné de vous. Vous vous serez assez vengée. N'ajoutez rien à ma douleur.

ÂBAHINTE.

Vous donner mon portrait? Songez-vous ^e ce serait ûTouer que je vous aime !

DORANTE

Que vous m'aimeZj madame t Quelle idée 1 qui pourrait se l'imaginer?

Et voilà pourtant ce qui m'arrive. |

DORANTE, se jetant & ses genoax.

Je me meursl

ARAHINTE.

Je ne sais plus où je suis. Modérez votre joie; levezvous« Doirante.

DORANTE, se leTani, et .tendrement.

Je ne la mérite pas. Celte joie lae transporte. Je ne la Baérite pas, madame : vous altez ine Tôter; mais» a'importe» il faut que vous soyez instruite.

ARAVINTE, étonnéd*

Gomment 1 que voulez- vous dire?

DORANTE

Dans tout ce qui 8*est passé chez veus^ il n'y a rien de vrai que ma passion, qui est infmiOy et que le portrait que j'ai fait. Tous les incidents qui sont arrivés partent de Tiadustrie d'un domestique, qui savait mon amour, qui m'en plaint, qui, par le charme de l'espérance du plaisir de vous voir, ma, pour ainsi dire, forcé de consentir à son strata-

fème; il voulait me faire valoir auprès de vous. Voilà, maame, ce que mon respect, mon amour et mon caractère ne me permettent pas de vous cacher. J'aime encore mieux regretter votre tendresse que de la devoir à l'urUAce qui me *

Ta acquise; j'aime mieux votre haine que le remords d'avoir trompé ce que j'adore.

ARAMINTE, le regardant qaelqne temps sans parler.

Si j*apprenais cela d'un autre que de vous, je vous haïrais sans doute; mais l'aveu que vous m'en faites vous-même» dans un moment comme celui-ci, chauffe tout. Ce trait de sincérité me charme, me parait incroyaole, et vous êtes le plus honnête homme du monde. Après tout, puisque vous m'aimez véritablement, ce que vous avez fait pour gagner mon cœur n'est point blâmable : il est permis à un amant de chercher les moyens de plaire, et on doit lui pardonner lorsqu'il a réussi.

DORANTE

Quoi! la charmante Araminte daigne me justifier?

ARAHINTE.

Voici le comte avec ma mère : ne dites mot, et laissezmoi partir.

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