DORANTE, ARAMINTE, LE COMTE, MADAME ARGANTE, DUBOIS, LUBIN
MADAME ARGANTE, voyant Dorante.
Quoil le voilà encore?
ARAMINTE, froidement.
Oui, ma mère. (An comte.) Monsieur le comte, il était question de mariage entre vous et moi, et il n'y faut plus penser : vous méritez qu'on vous aime; mon cœur n'est point en état de vous rendre justice, et je ne suis pas d'un rang qui vous convienne.
MADAME ARGANTE
Quoi donc! que signifie ce discours?
LE COMTE
Je vous entends, madame; et, sans l'avoir dit à madame, je songeais à me retirer : j'ai deviné tout. Dorante n'est venu chez vous qu'à cause qu'il vous aimait : il vous a plu; vous voulez lui faire sa fortune : voilà tout ce que vous allei dire.
ARAMINTE
Je n'ai rien à ajouter.
MADAME ARGANTE, Otttrée.
La fortune à cet homme-là !
LES FAUSSES GONFIDEj^GES. W
LB COMTE, tristement.
Il n*y a plus gue notre discussion, que nouft réglerons à Famiable. J'ai dit que je ne plaiderais point, et je tiendrai parole.
ARAHINTE.
Vous êtes bien généreux : envoyez-moi quelqu'un qui en décide, et ce sera assez.
MADAME ARGAKTE.
Ah! la belle chute! ah I ce maudit intendant! Qu'il soit votre mari tant qu'il vous4>laira ; mais il ne sera jamais mon gendre.
ARAMINTE
Laissons passer sa colère, et finissons. (Us sortent.)
DUBOIS
Ouf 1 ma gloire m'accable : je mériterais bien d'appeler .cette femme-ià ma bru.
LUBIN
Pardi! nous nous soucions bien de ton tableau à présenti roriglnal nous en fournira bien d'autres copies.
COMÉDIE
EN UN ACXS
Représentée pour la prenûôre fw» à Paris» en 1740
PERSONNAGES
MADAME AH6ANTE
ANGËUQUE, sa fille.
LISETTE, suivaDte.
LUGIDOR^ amant d'Angélique*
FRONTIN, Valet de Lucidor.
MAITRE 6LAISE, Jeune fermier du yillage*
La scène est chez madame Argante.