SCÈNE XII LA MARQUISE, LISETTE
LISETTE
Madame, je vous avertis qu'on vient de renvoyer madame la comtesse; mais elle a dit qu'elle repasserait sur le soir; voulez-vous y être î
LA MARQUISE
Non, jamais, Lisette, je ne saurais.
LISETTE
Êtes-vous indisposée» madame?yous avez l'air bien abattu; qu'avez-vous donc ?
LA MARQUISE
Hélas l Lisette» on me persécute, on veut que je me marie.
LISETTE
Vous marier 1 à qui donc ?
LA MARQUISE
Au plu» haïssable de tous les hommes» à un homme que
le hasai'da destiné pour me faite du mal, et pourmiurracher malgré moi des diseours que i*«i tenus sans sftvoirœ que je disais.
LISETTE
Mais il n'est venu que le comte.
Eh 1 c'est lui-môme.
LISETTE
Et vous répousez?
LA.SIABQUISE.
Je n'en sais, rien, je, te dis qu'il le prétend.
LISETTE
Il le prétend? Mais qu'est-ce que c'est donc que cette aventure-là? Elle ne ressemble à rien.
LA MARQUISE. '
Je ne saurais te la mieux dire ; c'est le chevalier, c'est ce misanthrope-là qui est cause de cela : il m a fàchee; le comte en a. profite, je ne sais comment; ils veulent souper ce soir ici; ils ont parlé de notaire, d'articles; je les'laissais dire; le chevalier est sorti, il se marie aussi; le comte lui donne sa sœur; car il ne lui manquait qu'une sœur pour achever de me déplaire, à cette homçe-là...
Xtt>ETTE.
QuandieiitUevalier l'épouserait, que vous importa?
LA MARQUISE
Veux-tu que je sois la belle-sœur d'un homme qui m'est devenu insupportable?
Ehl mort de ma vie, ne la soyez pas, renvoyez le comte.
LA MARQUISE
Ehl sur quel prétexte? cet enfin, quoiqu'il >me ^«ibe, je n*ai pouPtantTien-à'lui peprocher.
LISETTE
Oh! je m'y perds, madeœe, je* n'y comprends plus rien.
•LA MARQUISE
Ni moi non plus : je ne sais piusoù j'en suis; je ne saurais me déméter,;Je-iHe/iiieuflS. ôi^ôst»Hie,qflfiiC'6St,ttoac/que eet
état-là ?
'LISBirVE.
M«is c'«st, jeîCfdis, ce maudit chevalier qui est caasetde tout cela; et, pour moi, jeerois que cet homme-là vous aime.
LA'ȉSQIHSE.
Eh ! non,.Lis6tte;«t3fi .voit bieaquotu.te irompes«
LA.XURFRf9E'DE L'AHOUR. m
LISETTE
Voulez-vous m'en crodce, madame ?.'ne le revoyez plus.
LA MARQUISE
Eh I Jaisse^mod, .Lisette, ' tu me persécutes tiussi 1 Ve me laissera- t-on jamais en repos? En vérité, la situation 6ù je me trouve est bien triMe.
Votre situation, je la regarde comme une énigme.