‹ Théatre (volume 2)Chapitre 36 sur 166 · LE CHEVALIER, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, LA MARQUISE

LB CHEVALIER. Il prend de longs détours.

le. viens prendre congé de vous, et vous dire adieu, madame.

LA MARQUISE

Vous, monsieur le chevalier? et où allez-vous donc?

LE GUEVALIER.

Où j'allais quand vous m*avez arrêté.

LA MARQUISE

Mon dessein n'était pas de vous arrêter pour si peu de temps.

LE CHEVALIER

Ni le mien de vous quitter sitôt, assurément.

Pourquoi donc me quittez-vous?

LE CHEVALIER

Pourquoi je vous quitte? Eh ! marquise, que vous importe de me perdre, dès que vous épousez le comte?

LA MARQUISE

Tenez, chevalier, vous verrez qu'il y a encore du malentendu dan» cette querelle-là : ne précipitez rien, je ne veux point que vous partiez; j'aime mieiijc avoir tort.

LE CHEVALIER

Non, marquise, c'en est fait; il ne m'est plus possible de rester, mon cœur ne serait plus content .du vôtre.

LA MARQUISE, avec douleur.

Je crois que vous vous trompez.

LE CHEVALIER

Si vous saviez combien je vous dis vrai ! combien nos sentiments sont différents 1

LA MARQUISE

Pourquoi différents? Il faudrait donner un peu plusd'éten

due à ce que vous dites-là chevalier ; je ne vous entends pas bien.

LE CHEVALIER

Ce n'est qu'un seul mot qui m'arrête.

LA MARQUISE, ayec an peu d'embarras.

Je ne puis deviner, si vous ne me le dites.

LE CHEVALIER

Tantôt je m'étais expliqué dans un billet que je vous avais écrit.

LA MARQUISE

A propos de billet, vous me faites ressouvenir que Ton m'en a apporté un quand vous êtes venu.

LE CHEVALIER^ intrigaé.

Et de qui est-il, madame?

LA MARQUISE

Je vous le dirai. (EUe lit.) c Je devais, madame, regcetter Angélique toute ma vie; cependant, le croiriez- vous? je pars aussi pénétré d'amour pour vous, que je le fus jamais pour elle. »

LE CHEVALIER

Ce que vous lisez-lk, madame, me regarde-t-il?

LA MARQUISE

Tenez, chevalier,. n'est-ce pas là le mot qui vous arrête?

LE CHEVALIER

C'est mon billet. Ahl marquise, que voulez- vous que je devienne?

LA MARQUISE

Je rougis, chevalier, c'est vous répondre.

LE CHEVALIER, lui baisant la main.

Mon amour pour vous durera autant que ma vie.

Je ne vous le pardonne qu'à cette condition-là.

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