SCÈNE XIV es: MJIAQÏÏIS^ ££ enBVALMR, LA COMTBSfiir
LA COMTESSE,, arrêtant le-chevalier.
Restez, chevalier; parlons ua peu de ceci. Y eul^il jamais^ rien de pareil? Qu'en pensez- vous, vous qui aimez Hortense, ¥ous qu elle aime ? ce mariage ne vous fait-il pas trembler? Koî qui ne suis pas soa amant, il m'ëflraye.
liB CHEVALIER, a;re6 BA effroi bypocrile.
C'est une chaBedirveuse : il n'y d poîkït d^'eianple dd eela^^
L8 VAE<!OlSw
Sb ne m'en sounie* ^ère : d!e sera m^ femme; mab^ «n revanche, je serai son mari; c'est ce qui me consi»le, eti ceî sont plus ses affaires que Id» miennes. Aujourd'hui le contrati cbm&in la noce, ei ce soir conânée dans son appartement ' pas plus de façon. Je suis piqué, je ne donnerais pas cela de plus.
LA COMTESSE
Pour moi, je serais d'avis qu'on les empêchât* absolument de s'engager. Hortense peut-elle se sacrifier à un aussi til intérêt? TOUS qui. êtes né généreux» chevalier, et tjui 6vez du pouvoir mxe elte, fetenez-là; faites-lui, par pitié^ entendre raison, si ce n'est par amour. Je suis sûre qu'ellene marchande si vilainement qu'à cause de vous. ^
LS CEKVAUBRy à» paît.
Il n'y a plus de risque à tenir bon. (Haut.) Que voulez-vous que j'y fasse, comJeasd? Je n'y vois ppiat de remède.
Conmietitl qM- ditesi^vofis? Ilfaulfoej^aie mal entendui car je vous estime.
tii csBrAitint
ïedis que je ne pttfs rien là déduis, et que c'est précisément ma tendresse qui nae défend de la résoudre à ce que vous souhaiteaii
151 THÉÂTRE DE MABIVAUX.
LA COMTSSSB.
Et par quel trait d'esprit me prouverez-vous la justesse 4e ce petit raisonnement-là ?
LE GHEYALIER.
Je veux qu'elle soit heureuse. Si je Tépouse, elle ne le serait pas assez avec la fortune que j'ai; la douceur de notre union s'altérerait; je la verrais se repentir de m'a voir épousé, de n'avoir pas épousé monsieur; et c'est à quoi je ne m'exposerai point.
LA GOMTESSEt
On ne peut vous répondre qu'en haussant les épaules. Est-ce vous qui me parlez, chevalier?
LE CHEVALIER
Oui, madame.
LA COMTESSE
Tous avez donc Tâme mercenaire aussi, mon petit cousin? Je ne m'étonne plus de l'inclination que vous avez l'un pour l'autre. Oui, vous êtes diffne d'elle; vos cœurs sont parfaitement bien assortis. Ah ! iliorrible façon d'aimer t
LB CHEVALIER
Madame, la vraie tendresse ne raisonne pas autrement que la mienne.
LA COirrBSSB.
Ahl monsieur, ne prononcez pas seulement le mot de ten« dresse; vous le profanez.
LE CHEVALIER
Hais...
LA COMTESSE
Vous me scandalisez, vous dis-je. Vous êtes mon parent malheureusement, mais je ne m'en vanterai point. Ah! ciell moi qui vous estimais ! Quelle avarice sordide I quel cœur sans sentiment ! Et de pareilles gens disent qu'ils aiment I Ah ! le vilain amour I Vous pouvez vous retirer, je n'ai plus rien à vous dire.
LE MARQUIS, bmiqoement.
Ni moi plus rien à entendre. Monsieur, vous avez encore trois heures à entretenir Hortense; après quoi, j'espère qu'on ne vous verra plus.
LE CHEVALIER
Monsieur, le contrat signé, je pars. Pour vous, coiQtesse, quand vous y penserez bien sérieusement, vous excuseres votre parent, et vous lui rendrez plus de justice.
LA COMTESSE
Ah! non : voilà qui est fini; je ne saurais le mépriser davantage.