SCÈNE V SILVIA, ARLEQUIN
Que ce berger me déplaît avec son amour ! Toutes les fois qu'il me parle, je suis toute de me-
chante humeur. (Voyant Arlequin.) Mais qui est-ce qui vient là ? Ah ! mon Dieu î le beau garçon !
ARLEQUIN entre en jouant au volant ; il vient de cette façon jusqu'aux pieds de Sih-ia ; là, en jouant, il laisse tomber le volant, et, en se baissant pour le ramasser, il voit Silvia. Il demeure étonné et courbé ; petit à petit et par secousses, il se redresse le corps. Quand il s'est entièrement redressé, il la regarde ; elle, honteuse, feint de se retirer ; dans son embarras, il l'arrête, et dit :
Vous êtes bien pressée !
SILVIA
Je me retire, car je ne vous connais pas.
ARLEQUIN
Vous ne me connaissez pas ! tant pis ; faisons connaissance, voulez-vous ?
SILVIA, encore honteuse.
Je le veux bien.
ARLEQUIN, en riant.
Que VOUS êtes jolie !
SILVIA
\^ous êtes bien obligeant.
ARLEQUIN
Oh ! point ; je dis la vérité.
SILVIA, en riant xin peu à son tour.
Vous êtes bien joli aussi, vous.
ARLEQUIN
Tant mieux ! Où demeurez- vous ? Je vous irai voir.