‹ ThéâtreChapitre 12 sur 405 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SILVIA

Je demeure tout près ; mais il ne faut pas venir ; il vaut mieux nous voir toujours ici, parce qu'il y a un berger qui m'aime ; il serait jaloux, il nous suivrait.

ARLEQUIN

Ce berger-là vous aime !

SILVIA

Oui.

ARLEQUIN

Voyez donc cet impertinent ! je ne le veux pas, moi. Est-ce que vous l'aimez, vous ?

SILVIA

Non, je n'en ai jamais pu venir à bout.

ARLEQUIN

C'est bien fait ; il faut n'aimer personne que nous deux ; voyez si vous le pouvez.

SILVIA

Oh ! de reste ; je ne trouve rien de si aisé.

Tout de bon ?

SILVIA

Oh ! je ne mens jamais. Mais où demeurezvous aussi ?

ARLEQUIN

Dans cette grande maison.

SILVIA

Quoi ! chez la fée ?

ARLEQUIN

Oui.

SILVIA, tristement.

J'ai toujours eu du malheur.

ARLEQUIN, tristement aussi.

Qu'est-ce que vous avez, ma chère amie ?

SILVIA

C'est que cette fée est plus belle que moi, et j'ai peur que notre amitié ne tienne pas.

ARLEQUIN, impatiemxaent.

J'aimerais mieux mourir. (Tendrement.) AUez, ne vous affligez pas, mon petit cœur.

SILVIA

Vous m'aimerez donc toujours ?

Tant que je serai en \de. *

SILVIA

Ce serait bien dommage de me tromper ; je suis si simple ! Mais mes moutons s'écartent, on me gronderait s'il s'en perdait quelqu'un ; il faut que je m'en aille. Quand reviendrez-vous ?

ARLEQUIN, avec chagrin.

Oh ! que ces moutons me fâchent !

SILVIA

Et moi aussi ; mais que faire ? Serez- vous ici sur le soir ?

ARLEQUIN

Sans faute, (il lui prend la main.) Oh ! les jolis petits doigts ! (H lui baise la main.) Je n'ai jamais eu de bonbon si bon que cela.

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