‹ ThéâtreChapitre 130 sur 405 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LE PRINCE, sous le nom d'officier du palais ; LISETTE, sous le nom de dame de la cour ; SILVIA, FLAMINIA.

(Le prince, en voyant Silvia, salue avec beaucoup de soumission.) SILVIA.

Comment î vous voilà, monsieur ? Vous saviez donc bien que j'étais ici ?

LE PRINCE

Oui, mademoiselle, je le savais ; mais vous m'aviez dit de ne plus vous voir, et je nWrais osé paraître sans madame, qui a souhaité que je l'accompagnasse, et qui a obtenu du prince l'honneur de vous faire la révérence.

(Lisette ne dit mot et regarde seulement Silvia avec attention ; Flaminia et Lisette se font des signes d'intelligence.)

SILVIA

Je ne suis pas fâchée de vous revoir et vous me trouvez bien triste. A l'égard de cette dame, je la remercie de la volonté qu'elle a de me faire une révérence ; je ne mérite pas cela, mais qu'elle me la fasse puisque c'est son désir ; je lui en rendrai une comme je pourrai ; elle excusera si je la fais mal. - i^v,,^ f..-\

Oui, m' amie, je vous excuserai de bon cœur ; je ne vous demande pas l'impossible.

SILVIA, faisant une révérence.

Je ne vous demande pas V impossible ! Quelle manière de parler !

LISETTE

Quel âge avez-vous, ma fille ?

SILVIA

Je l'ai oublié, ma mère.

FLAMINIA, à Silvia.

Bon.

LISETTE

Elle se fâche, je pense ?

LE PRINXE.

Mais, madame, que signifient ces discours-là? Sous prétexte de venir saluer Silvia, vous lui faites une insulte !

LISETTE

Ce n'est pas mon dessein. J'avais la curiosité de voir cette petite fille qu'on aime tant, qui fait naître une si forte passion ; et je cherche ce qu'elle a de si aimable. On dit qu'elle est naïve, c'est un agrément campagnard qui doit la rendre amusante; priez-la de nous donner quelques traits de naïveté ; voyons son esprit.

Eh ! non, madame, ce n'est pas la peine ; il n'est pas si plaisant que le vôtre.

LISETTE, en riant.

Ah ! ah ! vous demandiez du naïf ; en voilà. LE PRINCE, à Lisette.

Allez-vous-en, madame.

SILVIA

Cela m'impatiente à la fin ; et si elle ne s'en va, je me fâcherai tout de bon.

LE PRINCE, à Lisette.

Vous vous repentirez de votre procédé.

r- LISETTE.

Adieu i un pareil objet me venge assez de celui qui en a fait choix. | 7

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