SCÈNE VII FLAMINIA, ARLEQUIN
ARLEQUIN
Bonjour, Flaminia ; j'allais vous chercher.
FLAMINIA, en soupirant.
Adieu, Arlequin.
ARLEQUIN
Qu'est-ce que cela veut dire, adieu ?
FLAMINIA
Trivelin nous a -trahis; le prince a su l'intelligence qui est entre nous ; il vient de m'ordonner de sortir d'ici et m'a défendu de vous voir jamais. Malgré cela, je n'ai pu m'empêcher de venir vous parler encore une fois ; ensuite j'irai où je pourrai pour éviter sa colère.
ARLEQUIN
Ah ! me voilà un joli garçon à présent !
FLAMINIA
Je suis au désespoir, moi ! Me voir séparée pour jamais d'avec vous, de tout ce que j'avais de plus cher au monde ! Le temps me presse, je suis forcée de vous quitter ; mais, avant de partir, il faut que je vous ouvre mon cœur.
ARLEQUIN
Aïe ! Qu'est-ce, m'amie ? qu'a-t-il, ce cher cœur ?
FLAMINIA
Ce n'est point de l'amitié que j'avais pour vous, Arlequin ; je m'étais trompée.
ARLEQUIN
C'est donc de ramour ?
FLAMIXIA.
Et du plus tendre. Adieu.
ARLEQUIN
Attendez... Je me suis peut-être trompé, moi aussi, sur mon compte.
FLAMINIA
Comment ! vous vous seriez mépris ! Vous m'aimeriez, et nous ne nous verrions plus ! Arlequin, ne m'en dites pas davantage ; je m'enfuis.
-\RLEQUIN.
Restez.
FLAMIMA.
Laissez-moi aller ; que ferons-nous ?
ARLEQUIN
Parlons raison.
FLAMINIA
Que vous dirai- je ?
C'est que mon amitié est aussi loin que la vôtre ; elle est partie : voilà que je vous aime, cela est décidé, et je n'y comprends rien. Ouf !
FLAMINIA
Quelle aventure !
ARLEQUIN
Je ne suis point marié, par bonheur.
FLAMINIA
Il est \Tai.
ARLEQUIN
Silvia se mariera avec le prince et il sera content.