LE PRINCE, SILVIA, ARLEQUIN
ARLEQUIN
J'ai tout entendu, Silvia.
SILVIA
Eh bien, Arlequin, je n'aurai donc pas la peine de vous rien dire ; consolez-vous comme vous pourrez de \'ous-même. Le prince vous parlera, j'ai le cœur tout entrepris ; voyez, accommodez-vous ; il n'y a plus de raison à moi, c'est la vérité. Qu'estce que vous me diriez ? que je vous quitte. Qu'estce que je vous répondrais ? que je le sais bien. Prenez que vous l'avez dit, prenez que j'ai répondu ; laissez-moi après, et voilà qui sera fini.
LE PRINCE
Flaminia, c'est à vous que je remets Arlequin ; je l'estime et je vais le combler de biens. Toi, Arlequin, accepte de ma main Flaminia pour épouse, et sois pour jamais assuré de la bienveillance de ton prince. Belle Silvia, souffrez que des fêtes qui vous sont préparées annoncent ma joie à des sujets dont vous allez être la souveraine.
ARLEQUIN
A présent, je me moque du tour que notre amitié nous a joué. Patience ; tantôt nous lui en jouerons d'un autre.
COMÉDIE EN TROIS ACTES
Représentée pour la première fois par les comédiens français, au mois de décembre 1727.
PERSONNAGES
LA MARQUISE, veuve.
LE CHEVALIER
LE COMTE
LISETTE, suivante de la marquise.
LUBIN, valet du chevalier.
HORTENSIUS, pédant.