ACTE I — SCÈNE IX
LUBIN
Ce n'est pas la peine, je les porterai tantôt.
LE CHEVALIER
Cela n'est plus nécessaire, puisque je reste ici.
LUBIN
Je n'y comprends rien ; c'est donc encore autant de perdu que ces lettres-là ? Mais, monsieur, qui est-ce qui vous empêche de partir ? est-ce madame la marquise ?
LE CHEVALIER
Oui.
LUBIN
Et nous ne changeons point de maison ?
LE CHEVALIER
Et pourquoi en changer ?
LUBIN
Ah ! me voilà perdu.
LE CHEVALIER
Comment donc ?
LUBIN
Vos maisons se communiquent ; de l'une on entre dans l'autre. Je n'ai plus ma maîtresse ; madame la marquise a une femme de chambre tout agréable ; de chez vous j'irai chez elle ; crac, me voilà infidèle tout de plain pied, et cela m'afflige : pauvre Marton ! faudra-t-il que je t'oublie ?
LE CHEVALIER
Tu serais un bien mauvais cœur.
LUBIN
Ah ! pour cela, oui, cela sera bien \âlain ; mais cela ne manquera pas d'arriver ; car ]'y sens déjà du plaisir, et cela me met au désespoir. Encore si
vous aviez la bonté de montrer l'exemple : tenez, la voilà qui vient, Lisette.