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I. IX la

INTRODUCTION

Ah ! Ah ! Ah !... » Cela s'applique fort bien à Marivaux. On n'a jamais fait : « Ah ! Ah ! Ah !» à son théâtre et il n'aurait pas aimé qu'on le fît. Son théâtre est le théâtre du sourire.

Marivaux n'a pas été seulement auteur dramatique, il a été romancier. Il a écrit Marianne ou les Aventures de la Comtesse X...; le Paysan parvenu et quelques autres. Chose assez curieuse, les comédies de Marivaux sont essentiellement romanesques et ses romans sont très nettement réalistes. Marianne, où sont consignées les aventures d'une coquette, appartient à la lignée des romans bourgeois qui commence à Furetière ; et de même et encore plus précisément le Paysan parvenu. Ces romans ont un grand mérite, de quelque nom, du reste, qu'on les appelle. Ils ne contiennent point, ou très peu, de marivaudage. Ils sont écrits d'un style courant et assez simple. On peut leur reprocher d'être un peu lents et quelquefois même traînants ; mais ils sont pleins de peintures de mœurs qui* sentent le vrai, et qui en tout cas sont intéressantes, et de portraits singulièrement en relief. Dans Marianne il y a un personnage de libertin, hypocrite, Monsieur de Climal, qui est resté classique et qu'on peut placer, sans complaisance et sans crainte, non loin de Tartuffe.

Marivaux, dont le talent était très souple, n'a pas

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laissé d'être publiciste de temps à autre. Il a écrit le Spectateur français, F Indigent philosophe, le Cabinet du philosophe, publications de circonstances, oii il a mis beaucoup d'idées originales, séduisantes et quelquefois paradoxales. C'était un homme de brillante imagination et de brillant esprit, un peu coquet, un peu maniéré, mais d'une coquetterie agréable et d'un maniéré où se retrouvent les belles manières. Il est de ceux qui vont peut-être jusqu'aux limites du bon goût, mais qui ne les dépassent pas. Il est de ceux qui donnent quelque inquiétude, mais qui ne vont jamais jusqu'où l'on craint qu'ils ne s'aventurent, de ceux dont seul l'exemple est. un peu dangereux, de ceux dont on dit : « Ne craignez rien de lui, excepté ses imitateurs. »

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