‹ ThéâtreChapitre 226 sur 405 · SCÈNE III LISETTE, LUBIN · texte numérisé non relu

SCÈNE III LISETTE, LUBIN

LISETTE

Enfin, le voilà congédié ; c'est pourtant un amant que je perds.

LUBIN

Un amant ! Quoi ! ce vieux radoteur t'aimait ?

LISETTE

Sans doute ; il voulait me faire des arguments.

LUBIN

Hum!

LISETTE

Des arguments, te dis- je ; mais je les ai fort bien repoussés avec d'autres.

LUBIN

Des arguments ! Voudrais-tu bien m'en pousser un, pour voir ce que c'est ?

Il n'y a rien de si aisé. Tiens, en voilà un : tu es un joli garçon, par exemple.

LUBIN

Cela est vrai.

LISETTE

J'aime tout ce qui est joli, ainsi je t'aime : c'est là ce que l'on appelle un argument.

LUBIN

Pardi, tu n'as que faire du docteur pour cela, je I. lia

t'en ferai aussi bien qu'un autre. Gageons un petit baiser que je t'en donne une douzaine.

LISETTE

Je gagerai quand nous serons mariés, parce que je serais bien aise de perdre.

LUBIN

Bon ! quand nous serons mariés, j'aurai toujours gagné sans faire de gageure.

LISETTE

Paix ! j'entends quelqu'un qui \dent ; je crois que c'est monsieur le comte : madame m'a chargée d'un compliment pour lui, qui ne le réjouira pas.

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