‹ ThéâtreChapitre 242 sur 405 · SCÈNE XV LE CHEVALIER, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

SCÈNE XV LE CHEVALIER, LA MARQUISE

LE CHEVALIER prend de longs détours.

Je viens prendre congé de vous, et vous dire adieu, madame.

LA MARQUISE

Vous, monsieur le chevalier ? et où allez- vous donc?

LE CHEVALIER

Où j'allais quand vous m'avez arrêté.

LA MARQUISE

Mon dessein n'était pas de vous arrêter pour si peu de temps.

LE CHEVALIER

Ni le mien de vous quitter sitôt, assurément.

LA MARQUISE

Pourquoi donc me quittez-vous ?

LE CHEVALIER

Pourquoi je vous quitte ? Eh ! marquise, que vous importe de me perdre, dès que vous épousez le comte ?

Tenez, chevalier, vous verrez qu'il y a encore du malentendu dans cette querelle-là : ne précipitez rien, je ne veux point que vous partiez, j'aime mieux avoir tort.

LE CHEVALIER

Non, marquise, c'en est fait ; il ne m'est plus possible de rester, mon cœur ne serait plus content du vôtre.

LA MARQUISE, avec douleur.

Je crois que vous vous trompez.

» LE CHEVALIER

Si VOUS saviez combien je vous dis vrai ! combien nos sentiments sont différents !...

LA MARQUISE

Pourquoi différents ? Il faudrait donner un peu plus d'étendue à ce que vous dites là, chevalier ; je ne vous entends pas bien.

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