‹ ThéâtreChapitre 243 sur 405 · ACTE III — SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE XV

LE CHEVALIER

Ce n'est qu'un seul mot qui m'arrête.

LA MARQUISE, avec un peu d'embarras.

Je ne puis deviner, si vous ne me le dites.

LE CHEVALIER

Tantôt je m'étais expliqué dans un billet que je vous avais écrit.

A propos de billet, vous me faites ressouvenir que l'on m'en a apporté un quand vous êtes venu.

LE CHEVALIER, intrigué.

Et de qui est-il, madame ?

LA MARQUISE

Je vous le dirai. (Elle rit.) Je devais, madame, regretter Angélique toute ma vie ; cependant, le croiriez-vous ? je pars aussi pénétré d'amour pour vous que je ne le fus jamais pour elle.

LE CHEVALIER

Ce que vous lisez là, madame, me regarde-t-il ?

LA MARQUISE

Tenez, chevalier, n'est-ce pas là le mot qui vous arrête ?

LE CHEVALIER

C'est mon billet ! Ah ! marquise, que voulezvous que je devienne ?

LA MARQUISE

Je rougis, chevalier ; c'est vous répondre.

LE CHEVALIER, lui baisant la main.

Mon amour pour vous durera autant que ma vie.

LA MARQUISE

Je ne vous le pardonne qu'à cette condition-là.

Page 1