‹ ThéâtreChapitre 262 sur 405 · ACTE I — SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE VII

DORANTE

Attends, Lisette, je voulais moi-même te parler d'autre chose ; mais je ne sais plus ce que c'est.

SILVIA

J'avais de mon côté quelque chose à te dite ; mais tu m'as fait perdre mes idées aussi, à moi.

DORANTE

Je me rappelle de t'avoir demandé si ta maîtresse te valait.

SILVIA

Tu reviens à ton chemin par un détour ; adieu.

DORANTE

Eh ! non, te dis-je, Lisette ; il ne s'agit ici que de mon maître. ^^^^^^^

Eh bien, soit ! je voulais te parler de lui aussi, et j'espère que tu voudras bien me dire confidemment ce qu'il est. Ton attachement pour lui m'en donne bonne opinion ; il faut qu'il ait du mérite, puisque tu le sers.

DORANTE

Tu me permettras peut-être de te remercier de ce que tu me dis là, par exemple ?

SILVIA

Veux-tu bien ne prendre pas garde à l'imprudence que j'ai eue de le dire ?

DORANTE

Voilà encore de ces réponses qui m'emportent. Fais comme tu voudras, je n'y résiste point ; et je suis bien malheureux de me trouver arrêté par tout ce qu'il y a de plus aimable au monde.

Et moi, je voudrais bien savoir comment il se

fait que j'ai la bonté de t 'écouter ; car, assurément, cela est singulier.

DORANTE

Tu as raison, notre aventure est unique.

SIL\aA, à part.

Malgré tout ce qu'il m'a dit, je ne suis point partie, je ne pars point, me voilà encore, et je réponds ! En vérité, cela passe la raillerie. (Haut.) Adieu.

DORANTE

Achevons donc ce que nous voulions dire.

SILVIA

Adieu, te dis-je ; plus de quartier. Quand ton maître sera venu, je tâcherai, en faveur de ma maîtresse, de le connaître par moi-même, s'il en vaut la peine. En attendant, tu vois cet appartement ; c'est le vôtre.

DORANTE

Tiens, voici mon maître.

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