‹ ThéâtreChapitre 263 sur 405 · ACTE I — SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE VIII

SILVIA

Vous voulez dire monsieur Orgon et sa fille, sans doute, monsieur ! arlequin.

Eh! oui, mon beau-père et ma femme, autant vaut. Je viens pour épouser, et ils m'attendent pour être mariés ; cela est convenu ; il ne manque plus que la cérémonie, qui est une bagatelle.

SILVIA

C'est une bagatelle qui vaut bien la peine qu'on

y pense. ARLEQUIN.

Oui ; mais quand on y a pensé, on n'y pense plus.

SILVIA, bas à Dorante.

Bourguignon, on est homme de mérite à bon marché chez vous, ce me semble.

ARLEQUIN

Que dites- vous là à mon valet, la belle ?

SILVIA

Rien ; je lui dis seulement que je vais faire descendre monsieur Orgon.

Et pourquoi ne pas dire mon beau-père, comme

"^Oi • SILVIA.

C'est qu'il ne l'est pas encore.

DORANTE

Elle a raison, monsieur ; le mariage n'est pas fait.

ARLEQUIN

Eh bien, me voilà pour le faire. V^

DORANTE

Attendez donc qu'il soit fait.

ARLEQUIN

Pardi 1 voilà bien des façons pour un beaupère de la veille ou du lendemain.

SI L VI A

En effet, quelle si grande différence y a-t-il entre être marié ou ne l'être pas ? Oui, monsieur, nous avons tort, et je cours informer votre beaupère de votre arrivée.

ARLEQUIN

Et ma femme aussi, je vous prie. Mais avant que de partir, dites-moi une chose : vous qui êtes si jolie, n'êtes- vous pas la soubrette de l'hôtel ?

SILVIA

Vous l'avez dit.

C'est fort bien fait ; je m'en réjouis. Croyez-vous que je plaise ici ? Comment me trouvez- vous ?

SILVIA

Je vous trouve... plaisant.

ARLEQUIN

Bon, tant mieux ! entretenez-vous dans ce sentiment-là ; il pourra trouver sa place.

SILVIA

Vous êtes bien modeste de vous en contenter. Mais je vous quitte ; il faut qu'on ait oublié d'avertir votre beau-père, car assurément il serait venu, et je vais le chercher.

ARLEQUIN

Dites-lui que je l'attends avec affection.

SIL\7A, à part.

Que le sort est bizarre ! aucun de ces deux hommes n'est à sa place.

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