‹ ThéâtreChapitre 298 sur 405 · ACTE III — SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE VI

LISETTE

Faquin !

ARLEQUIN, à part.

Je n'ai pu éviter la rime,

Mais, voyez ce magot ; tenez !

ARLEQUIN

La jolie culbute que je fais là !

LISETTE

Il y a une heure que je lui demande grâce, et que je m'épuise en humilités pour cet animal-là.

ARLEQUIN

Hélas ! madame, si vous préfériez l'amour à la gloire, je vous ferais bien autant de profit qu'un monsieur.

LISETTE, riant.

Ah ! ah ! ah ! je ne saurais pourtant m'empêcher d'en rire, avec sa gloire ! il n'y a plus que ce partilà à prendre... Va, va, ma gloire te pardonne ; elle est de bonne composition.

ARLEQUIN

Tout de bon, charitable dame ! Ah ! que mon amour vous promet de reconnaissance !

LISETTE

Touche là. Arlequin ; je suis prise pour dupe. Le soldat d'antichambre de monsieur vaut bien la coiffeuse de madame.

ARLEQUIN

La coiffeuse de madame !

LISETTE

C'est mon capitaine, ou l'équivalent.

ARLEQUIN

Masque !

LISETTE

Prends ta revanche.

ARLEQUIN

Mais voyez cette magotte, avec qui, depuis une heure, j'entre en confusion de ma misère !

LISETTE

Venons au fait. M'aimes-tu ?

ARLEQUIN

Pardi ! oui. En changeant de nom tu n'as pas changé de visage, et tu sais bien que nous nous sommes promis fidéhté en dépit de toutes les fautes d'orthographe.

LISETTE

Va, le mal n'est pas grand, consolons-nous ; ne faisons semblant de rien, et n'apprêtons point à rire. Il y a apparence que ton maître est encore dans l'erreur à l'égard de ma maîtresse ; ne l'avertis de rien ; laissons les choses comme elles sont. Je crois que le voici qui entre. Monsieur, je suis votre servante.

ARLEQUIN

Et moi votre valet, madame. (Riant.) Ah ! ah ! ah!

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