‹ ThéâtreChapitre 308 sur 405 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

le diable emportait ton cousin il ne t'en resterait pas un parent de moins.

ÉRASTE

Et pourquoi pensez- vous qu'elle vous trompe ?

FRONTIN

Hum ! quelle physionomie de fripon ! Mons de La Ramée, je vous avertis que j'aime Lisette et que je veux l'épouser tout seul.

LISETTE

Il est pourtant nécessaire que je lui parle pour une affaire de famille qui ne te regarde pas.

FRONTIN

Oh ! parbleu, que les secrets de ta famille s'accommodent ; moi, je reste.

LISETTE

Il faut prendre son parti. Frontin !

FRONTIN

Après ?

LISETTE

Serais-tu capable de rendre service à un honnête homme, qui t'en récompenserait bien ?

FRONTIN

Honnête homme ou non, son honneur est de trop, dès qu'il récompense.

LISETTE

Tu sais à qui madame marie Angélique, ma maîtresse ? frontin.

Oui ; je pense que ce sont à peu près soixante ans qui en épousent dix-sept.

LISETTE

Tu vois bien que ce mariage-là ne convient point.

FRONTIN

Oui ; il menace de stérilité ; les héritiers en seront nuls ou auxiliaires.

LISETTE

Ce n'est qu'à re.çret qu'Angélique obéit ; d'autant plus que le hasard lui a fait connaître un aimable homme qui a touché son cœur.

FRONTIN

Le cousin La Ramée pourrait bien nous venir de là.

LISETTE

Tu l'as dit, c'est cela même.

ÉRASTE

Oui, mon enfant, c'est moi.

FRONTIN

Eh ! que ne le disiez-vous ? En ce cas, je vous pardonne votre figure, et je suis tout à vous. Voyons, que faut-il faire ?

ÉRASTE

Rien, si ce n'est favoriser une entrevue que Lisette va me procurer ce soir ; tu seras content de moi.

FRONTIN

Je le crois ; mais qu'espérez-vous de cette entrevue ? On signe le contrat ce soir.

LISETTE

Eh bien, pendant que la compagnie, avant le souper, sera dans l'appartement de madame, monsieur nous attendra dans cette salle, sans lumière pour n'être point vu, et nous y viendrons, Angélique et moi, pour examiner le parti qu'il y aura à prendre.

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