‹ ThéâtreChapitre 317 sur 405 · SCÈNE VII ANGÉLIQUE, LISETTE, FRONTIN, ÉRASTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII ANGÉLIQUE, LISETTE, FRONTIN, ÉRASTE

LISETTE, à Angélique.

Tenez ! voici ce domestique, que Frontin nous amène. Angélique.

Frontin ne dira-t-il rien à ma mère ?

Ne craignez rien, il est dans vos intérêts, et ce domestique passe pour son parent.

FRONTIN

Le valet de M. Éraste vous apporte une lettre que voici, madame.

ANGÉLIQUE

Donnez. (A Lisette.) Suis-je assez sérieuse ?

LISETTE

Fort bien.

ANGÉLIQUE

« Que viens-je d'apprendre ? on dit que vous vous mariez ce soir. Si vous concluez sans me permettre de vous voir, je ne me soucie plus de la vie. »

Il ne se soucie plus de la vie !

« Adieu ; j'attends votre réponse, et je me meurs. »

Cette lettre-là me pénètre ; il n'y a point de modération qui tienne, Lisette ; il faut que je

lui parle, et je ne veux pas qu'il meure. Allez lui dire qu'il vienne ; on le fera entrer comme on pourra.

ÉRASTE

\'ous ne voulez point que je meure, et vous vous mariez, Angélique !

ANGÉLIQUE

Ah ! c'est vous, Éraste ?

ÉRASTE

A quoi vous déterminez- vous donc ?

ANGÉLIQUE

Je ne sais ; je suis trop émue pour ^'ous répondre. Levez-vous !

ÉRASTE

Mon désespoir vous touchera-t-il ?

ANGÉLIQUE

Est-ce que vous n'avez pas entendu ce que j'ai dit ?

ÉR.\STE

Il m'a paru que vous m'aimiez un peu.

ANGÉLIQUE

Non, non, il vous a paru mieux que cela, car j'ai dit bien franchement que je vous aime ; mais il fait m'excuser, Éraste, car je ne savais pas que vous étiez là.

ÉRASTE

Est-ce que vous seriez fâchée de ce qui vous

est échappé ?

ANGÉLIQUE

Moi, fâchée ! au contraire, je suis bien aise que vous l'ayez appris sans qu'il y ait de ma faute ; je n'aurai plus la peine de vous le cacher.

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