ACTE I — SCÈNE XVI
DORANTE
roi?
LE CHEVALIER
Dui ; délivre-ihoi d'une chicané que mé fait
•n honneur. A-t-il tort ou raison ? Voici lé cas.
dit que tu aimes la comtesse ; moi, je n'en
: is rien, et c'est entré lé oui et lé non que gît lé
:it cas dé conscience que je t'apporte.
fe t'entends, chevalier ; tu aurais grande envie i je ne l'aimasse plus.
LE CHEVALIER
Tu l'as dit ; ma délicatesse se fait besoin dé ton ifférence pour elle. J'aime cette dame.
DORANTE
Lst-elle prévenue en ta faveur ?
LE CHEVALIER
)é faveur, je m'en passe ; elle mé rend justice.
DORANTE
Vest-à-dire que tu lui plais.
LE CHEVALIER
)ès que je l'aime, tout est dit ; épargne ma liiestie.
DORANTE
^e n'est pas ta modestie que j'interroge ; car est gasconne. Parlons simplement. T'aimele?
LE CHEVALIER
^h ! oui, té dis- je. Ses yeux ont déjà là-dessus dimé la matière ; ils mé sollicitent lé cœur, ils l^iandent réponse. Mettrai-je bon au bas de la
jête? C'est ton agrément que j'attends.
5i6 L'HEUREUX STRATAGÈME
DORANTE
Je te le donne à charge de revanche.
Avec qui la revanche ?
DORANTE
Avec de beaux yeux de ta connaissance qui me sollicitent aussi.
LE CHEVALIER
Les beaux yeux que la marquise porte ?
DORANTE
Elle-même.
LE CHEVALIER
Et l'intérêt que tu mé soupçonnes d'y prendre, té gêne, té rétient ?
DORANTE
Sans doute.
LE CHEVALIER
Va, je t' émancipe.
DORANTE
Je t'avertis que je l'épouserai, au moins.
LE CHEVALIER
Je t'informe que nous ferons assaut dé noces.
DORANTE
Tu épouseras la comtesse ?
L'espérance dé ma postérité s'y fonde.
DORANTE
Et bientôt ?
LE CHEVALIER
Démain, peut-être, notre célibat expire.
DORANTE, embarrassé.
Adieu ; j'en suis fort ravi.