‹ ThéâtreChapitre 362 sur 405 · SCÈNE XVII LE CHEVALIER, FRONTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII LE CHEVALIER, FRONTIN

FRONTIN

J'attendais qu'il fût sorti pour venir, monsieur.

LE CHEVALIER

Que démandes- tu ? j'ai hâte dé rejoindre ma comtesse.

FRONTIN

Attendez. Malpeste ! ceci est sérieux ; j'ai parlé à la marquise, je lui ai fait mon rapport.

LE CHEVALIER

Eh bien ! tu lui as confié que j'aime la comtesse, et qu'elle m'aime ; qu'en dit-ellé, achève, vnte.

5i8 L'HEUREUX STRATAGÈME

FRONTIN

Ce qu'elle en dit ? que c'est fort bien fait à vous.

LE CHEVALIER

Je continuerai dé bien faire. Adieu.

FRONTIN

Morbleu ! monsieur, vous n'y songez pas. Il faut revoir la marquise, entretenir son amour ; sans quoi vous êtes un homme mort, enterré, anéanti dans sa mémoire.

LE CHEVAUER, riant.

Eh ! eh ! eh !

Vous en riez ! Je ne trouve pas cela plaisant, moi.

LE CHEVALIER

Que mé fait ce néant ? Je meurs dans une mémoire, je ressuscite dans une autre ; n'ai- je pas la mémoire dé la comtesse où je revis ?

FRONTIN

Oui ; mais j'ai peur que dans cette dernière, vous ne mouriez un beau matin de mort subite. Dorante y est mort de même, d'un coup de caprice.

LE CHEVALIER

Non ; lé caprice qui lé tue, lé voici ; c'est moi qui l'expédie ; j'en ai bien expédié d'autres, Frontin. Né t'inquiète pas ; la comtesse m'a reçu dans son cœur, il faudra qu'elle m'y garde.

FRONTIN

Ce cœur-là, je crois que l'amour y campe quelquefois ; mais il n'y loge jamais.

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