SCÈNE II LA MARQUISE, DORANTE
LA MARQUISE
Avez- VOUS instruit votre valet. Dorante?
DORANTE
Oui, madame.
LA MARQUISE
Cela pourra n'être pas inutile ; ce petit article-là touchera la comtesse, si elle l'apprend.
DORANTE
Ma foi, madame, je commence à croire que nous réussirons. Je la vois déjà très étonnée de ma façon d'agir avec elle ; car elle s'attendait à des reproches, et je l'ai vue prête à me demander pourquoi je ne lui en faisais pas.
Je vous dis que, si vous tenez bon, vous la verrez pleurer de douleur.
DORANTE
Je l'attends aux larmes ; êtes- vous contente ?
LA MARQUISE
Je ne réponds de rien, si vous n'allez jusque-là.
DORANTE
Et votre chevalier, comment en agit-il ?
LA MARQUISE
Ne m'en parlez point ; tâchons de le perdre, et qu'il devienne ce qu'il voudra. Mais j'ai chargé un des gens de la comtesse de savoir si je pouvais la voir, et je crois qu'on vient me rendre réponse. (A un laquais qui paraît.) Eh bien ! parlerai-je à ta maîtresse ?