ACTE II — ?CÈNE V
DORANTE
C'est moi qui, par hasard, en croyant l'aborder, me suis servi de ce terme-là, sans savoir pourquoi.
LA COMTESSE
Par hasard ! Pour un homme d'esprit, vous vous tirez mal d'affaire, Dorante ; car il y a quelque mystère là-dessous,
DORANTE
Je vois bien que je ne réussirais pas à vous persuader le contraire, madame ; parlons d'autre chose. A propos de curiosité, y a-t-il longtemps que vous n'avez reçu de lettres de Paris ? La marquise en attend ; elle aime les nouvelles ; et je suis sûr que ses amis ne les lui épargneront pas, s'il y en a.
LA COMTESSE
Votre embarras me fait pitié.
DORANTE
Quoi ! madame, vous revenez encore à cette bagatelle-là !
LA COMTESSE
Je m'imaginais pourtant avoir plus de pouvoir sur vous.
DORANTE
Vous en aurez toujours beaucoup, madame ; et si celui que vous aviez est un peu diminué, ce n'est pas ma faute. Je me sauve pourtant, dans la crainte de céder à celui qui vous reste. (Il sort.)
LA COMTESSE
Je ne reconnais point Dorante à cette sortie-là.