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SCÈNE IX LE CHEVALIER, LA COMTESSE, FRONTIN

LA COMTESSE, riant.

Ah ! ah ! Elle se sauve ; la raillerie est un peu trop forte pour elle. Que la vanité fait jouer de plaisants rôles à de certaines femmes^ Car celle-ci meurt de dépit. /

Elle en a lé cœur palpitant, sandis !

FRONTIN

La grimace que Dorante faisait tantôt, je viens de la retrouver sur sa physionomie. (Au chevalier.) Mais, monsieur, parlez un peu de Lisette pour moi.

LA COMTESSE

Que dit-il de Lisette ?

FRONTIN

C'est une petite requête que je vous présente, et qui tend à vous prier qu'il vous plaise d'ôter Lisette à Arlequin, et d'en faire un transport à mon profit.

^ LE CHEVALIER

Voilà cé que c'est.

LA COMTESSE

Et Lisette y consent-elle ?

FRONTIN

Oh ! le transport est tout à fait de son goût.

LA COMTESSE

Ce qu'il me dit là me fait venir une idée. Les petites finesses de la marquise méritent d'être punies. Voyons si Dorante, qui l'aime tant, sera insensible à ce que je vais faire. Il doit l'être, si elle dit vrai ; et je le souhaite ; mais voici un moyen infaillible de savoir ce qui en est. Je n'ai qu'à dire à Lisette d'épouser Frontin. Elle était destinée au valet de Dorante ; nous en étions convenus. Si Dorante ne se plaint point, la marquise a raison ; il m'oublie, et je n'en serai que plus à mon aise. (A Frontin.) Toi, va-t'en chercher Lisette et son père, que je leur parle à tous deux.

FRONTIN

Il ne sera pas difficile de les trouver ; car ils entrent.

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