‹ ThéâtreChapitre 386 sur 405 · ACTE III — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE I

LE CHEVALIER

J'ai même un petit soupçon quétu ném'aimes pas.

FRONTIN

Je l'avais aussi ce petit soupçon-là ; mais je l'ai changé contre une grande certitude.

LISETTE

Votre pénétration n'a point perdu au change.

LE CHEVALIER

Né lé disais-je pas ? Eh ! pourquoi, sandis ! té veux-jé du bien, pendant que tu mé veux du mal ? D'où mé vient ma disposition amicale, tandis que ton cœur mé réfusé lé réciproque ? D'où vient que nous différons dé sentiments ?

LISETTE

Je n'en sais rien. C'est qu'apparemment il faut de la variété dans la vie.

FRONTIN

Je crois que nous sommes aussi très variés tous

«l^^^^- LISETTE.

Oui, si vous m'aimez encore ; sinon, nous sommes uniformes, ^e chevalier.

Dis-moi lé vrai ; tu né mé récommandes pas à ta maîtresse ? ^ ^^.^.^^

LISETTE

Jamais qu'à son indifférence.

FRONTIN

Le service est touchant !

LE CHEVALIER

Tu mé fais donc préjudice auprès d'elle ?

LISETTE

Oh ! tant que je peux, mais pas autrement qu'en

lui parlant contre vous ; car je voudrais qu'elle ne vous aimât pas. Je vous l'avoue ; je ne trompe personne.

FRONTIN

C'est du moins parler cordialement.

LE CHEVALIER

Ah çà ! Lisette, devenons amis.

LISETTE

Non ; faites plutôt comme moi, monsieur ; ne m'aimez pas.

LE CHEVALIER

Je veux que tu m'aimes ; et tu m'aimeras, cadédis ! tu m'aimeras ; je l'entreprends, je mé lé promets.

Vous ne vous tiendrez pas parole.

FRONTIN

Ne savez-vous pas, monsieur, qu'il y a des haines qui ne s'en vont point qu'on ne les paie pour cela ?

LE CHEVALIER

Combien mé coûtera lé départ dé la tienne ?

LISETTE

Rien ; elle n'est pas à vendre.

LE CHEVALIER, Im présentant une boxirse.

Tiens, prends, et la garde, si tu veux.

LISETTE

Non, monsieur ; je vous volerais votre argent.

LE CHEVALIER

Prends, té dis-je, et mé dis seulement ce que ta maîtresse projette.

LISETTE

Non ; mais je vous dirai bien ce que je voudrais

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