‹ ThéâtreChapitre 41 sur 405 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LÉLIO, ARLEQUIN, tous deux d'un air triste. LÉLIO.

Le temps est sombre aujourd'hui.

ARLEQUIN

Ma foi, oui, il est aussi mélancolique que nous.

LÉLIO

Oh ! on n'est pas toujours dans la même disposition ; l'esprit, aussi bien que le temps, est sujet à des nuages.

Pour moi, quand mon esprit va bien, je ne m'embarrasse guère du brouillard.

LÉLIO

Tout le monde est assez de même.

ARLEQUIN

Mais je trouve toujours le temps vilain, quand je suis triste.

LÉLIO

C'est que tu as quelque chose qui te chagrine.

ARLEQUIN

Non.

LÉLIO

Tu n'as donc point de tristesse ?

ARLEQUIN

Si fait.

LÉLIO

Dis donc pourquoi ?

ARLEQUIN

Pourquoi ? En vérité, je n'en sais rien ; c'est peut-être que je suis triste de ce que je ne suis pas gai.

LÉLIO

Va, tu ne sais ce que tu dis.

Avec cela, il me semble que je ne me porte pas bien.

LÉLIO

Ah ! si tu es malade, c'est une autre affaire.

ARLEQUIN

Je ne suis pas malade non plus.

LÉLIO

Es-tu fou? Si tu n'es pas malade, comment trouves-tu donc que tu ne te portes pas bien ?

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