SCÈNE II
LÉLIO, ARLEQUIN, tous deux d'un air triste. LÉLIO.
Le temps est sombre aujourd'hui.
ARLEQUIN
Ma foi, oui, il est aussi mélancolique que nous.
LÉLIO
Oh ! on n'est pas toujours dans la même disposition ; l'esprit, aussi bien que le temps, est sujet à des nuages.
Pour moi, quand mon esprit va bien, je ne m'embarrasse guère du brouillard.
LÉLIO
Tout le monde est assez de même.
ARLEQUIN
Mais je trouve toujours le temps vilain, quand je suis triste.
LÉLIO
C'est que tu as quelque chose qui te chagrine.
ARLEQUIN
Non.
LÉLIO
Tu n'as donc point de tristesse ?
ARLEQUIN
Si fait.
LÉLIO
Dis donc pourquoi ?
ARLEQUIN
Pourquoi ? En vérité, je n'en sais rien ; c'est peut-être que je suis triste de ce que je ne suis pas gai.
LÉLIO
Va, tu ne sais ce que tu dis.
Avec cela, il me semble que je ne me porte pas bien.
LÉLIO
Ah ! si tu es malade, c'est une autre affaire.
ARLEQUIN
Je ne suis pas malade non plus.
LÉLIO
Es-tu fou? Si tu n'es pas malade, comment trouves-tu donc que tu ne te portes pas bien ?