SCÈNE X
COLOMBINE, ARLEQUIN, avec un équipage de chasseur.
COLOMBINE
Je vois bien qu'ils nous apprêteront à rire. Mais où est Arlequin ? Je veux qu'il m'amuse ici. J'entends quelqu'un, ne serait-ce pas lui ?
ARLEQUIN
Ouf ! ce gibier-là mène un chasseur trop loin, je me perdrais ; tournons d'un autre côté... Allons donc... Euh! me voilà justement sur le chemin du tigre. Maudits soient l'argent, l'or et les perles !
COLOMBINE
Quelle heure est-il, Arlequin ?
ARLEQUIN
Ah ! la fine mouche ! je vois bien que tu cherches midi à quatorze heures. Passez votre chemin, ma mie.
Il ne me plaît pas, moi ; passe-le toi-même.
ARLEQUIN
Oh ! pardi ! à bon chat bon rat ! je veux rester
COLOMBINE
Eh ! le fou, qui perd l'esprit en voyant une femme !
ARLEQUIN
Va-t'en, va-t'en demander ton portrait à mon maître ; il te le donnera pour rien ; tu verras si tu n'es pas une vipère.
COLOMBINE
Ton maître est un visionnaire, qui te fait faire pénitence de ses sottises. Dans le fond tu me fais pitié ; c'est dommage qu'un jeune homme comme toi, assez bien fait et bon enfant, car tu es sans malice...
ARLEQUIN
Je n'en ai non plus qu'un poulet.