ACTE II — SCÈNE II
COLOMBINE
Quoi ! ni de moi non plus ?
ARLEQUIN
Oh ! je suis honnête ; je ne veux point dire aux gens des injures à leur nez.
COLOMBINE
Eh bien ! monsieur, faites- vous réponse ?
LÉLIO
Oui, ma chère enfant, j'y cours ; vous pouvez lui dire, puisqu'elle choisit le papier pour le champ de bataille de nos conversations, que j'en ai près d'une rame chez moi, et que le terrain ne manqaera de longtemps.
ARLEQUIN
Eh ! eh ! eh ! nous verrons à qui aura le dernier.
COLOMBINE
Vous êtes distrait, monsieur ; vous me dites que vous courez faire réponse, et vous voilà encore.
LÉLIO
J'ai tort; j'oublie les choses d'un moment à l'autre. Attendez là un instant.
COLOMBINE, rarrêtant.
C'est-à-dire que vous êtes bien charmé du parti que prend ma maîtresse ?
Pardi ! cela est aamirable !
LÉLIO
Oui, assurément, cela me fera plaisir,
COLOMBINE
Cela se passera. Allez.
LÉLIO
Il faut bien que cela se passe.
ARLEQUIN
Emmenez-moi avec vous ; car je ne me fie point à elle.
COLOMBINE
Oh ! je ne consentirai point à demeurer seule ; je veux causer.
LÉLIO
Fais-lui l'honnêteté de rester avec elle ; je vais revenir.