‹ ThéâtreChapitre 91 sur 405 · SCÈNE III LA COMTESSE, ARLEQLIIN, COLOMBINE · texte numérisé non relu

SCÈNE III LA COMTESSE, ARLEQLIIN, COLOMBINE

ARLEQUIN

Madame, mon maître m'a dit que vous aviez une boîte de portrait ; je sais un homme qui l'a trouvée. De quelle couleur est-elle ? Combien y a-t-il de diamants ? Sont-ils gros ou petits ?

COLOMBINE

Montre, nigaud ; te méfies-tu de madame ? Tu fais là d'impertinentes questions.

ARLEQUIN

Mais c'est la coutume d'interroger le monde pour plus grande sûreté ; je ne pense point à mal.

LA COMTESSE

Où est -elle, cette boîte ?

ARLEQUIN, la montrant.

La voilà, madame. Un autre que vous ne la verrait pas, mais vous êtes une femme de bien.

LA COMTESSE

C'est la même. Tiens, prends cela en revanche.

ARLEQUIN

Vivent les revanches ! le ciel vous soit en aide !

LA COMTESSE

Le portrait n'y est pas !

Chut î il n'est pas perdu ,*' c'est mon maître qui le e^arde.

LA COMTESSE

Il garde mon portrait ? Qu'en veut-il faire ?

ARLEQUIN

C'est pour vous mirer, quand il ne vous voit plus. Il dit que ce portrait ressemble à une cousine qui est morte, et qu'il aimait beaucoup. Il m.'a défendu d'en rien dire et de vous faire accroire qu'il est perdu ; mais il faut bien vous donner de la marchandise pour votre argent. Motus ! le pauvre homme en tient.

COLOMBINE

■Madame, la cousine dont il parle peut être morte ; mais la cousine qu'il ne dit pas se porte bien, et votre cousin n'est pas votre parent.

ARLEQUIN, riant.

Eh ! eh ! eh !

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