‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 105 sur 286 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

La mort décolorait son front sans diadème ;

Cet éclatant tissu , marque du rang suprême , Prêtant au désespoir un horrible secours,

De ses jours malheureux avait tranché le cours. Tout gémit. Le roi seul, dans un aflreux silence, Contemple ces débris, et tout à coup s’élance :

Une agrafe où brillaient l’or et les diamans ,

Et qui de votre reine ornait les vêtemens , Devenant pour OEdipe une arme meurtrière ,

De ses yeux déchirés arrache la lumière.

Leurs vestiges encor, attestant ses douleurs ,

Avec des flots de sang laissaient tomber des pleurs. Des maux, que peut unir la colère céleste,

Nul aujourd’hui ne manque à ce "couple funeste , Modèle d’un bonheur qui s’est évanoui ,

D’infortune et de crime assemblage inoui.

LE CHOEUR

Et maintenant OEdipe est délaissé peut-être ?

Que fait-il?

LE GRAND-PRÊTRE

Devant vous OEdipe va paraître.

Il veut, hors du palais, avant de fuir ces lieux, Etaler au grand jour, montrer à tous les yeux ,

Le fils deux fois coupable , et la tête proscrite Sur qui des immortels la vengeance est écrite ;

Celui qui de son père a tranché les destins •,

Qui de sa mère... On ouvre; et le voici, Thébains. Contemplez votre roi. Le malheur qui l’accable Arracherait des pleurs à la haine implacable.

ŒDIPE-ROI

LE CHOEUR

O spectacle effrayant! mais digne de pitié!

Ah! quel que soit le crime, il est trop expié!

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