LE GRAND-PRÊTRE, LE CHOEUR
LE GK AHD-Pr£tRE.
Elite des Thébains, déjà sur ces rivages,
Un fléau destructeur n’étend plus ses ravages ;
Les dieux sont apaisés : mais , hélas ! à quel prix ! Comment annoncerai-je à vos cœurs attendris Tous les maux rassemblés dans ces lieux homicides? Les fleuves des états soumis aux Labdacides N’ont point assez de flots pour laver les forfaits Qui du fils d’Agénor ont souillé le palais.
LE CHŒUR
Expliquez-vous.
LE GRAHD-PRèTRE.
Jocaste a vu son jour suprême.
Elle a reçu la mort.
OEDIPE-ROÏ
LE CHOEUR
Ciel! de qui?
LE GRAND-PRÊTRE
La reine ?
D’elle-même.
LE CHOEUR
LE GRAND-PRÊTRE
Pâle et sombre , elle quittait ces lieux ; Ses longs regards semblaient prononcer des adieux. Seule au fond du palais elle s’est retirée;
Elle a ferme la chambre à l’hymen consacrée.
C’est là que, suppliante, elle adresse à genoux, Des vœux et des sanglots à son premier époux ; Elle invoque, en pleurant, la couche solennelle, Autrefois vertueuse, aujoûrd’hui criminelle,
Où, sur la foi d'hymen et des autels chéris,
Au fils de son amour elle a donné des fils.
OEdipe cependant que la fureur entraîne , Ignorant, comme nous, le destin de la reine,
Veut au moins par le glaive échapper au remord ; Il implore à grands cris le bienfait de la mort ;
H demande à revoir une épouse trop chère,
La mère de scs fils , hélas ! qui fut sa mère.
A ses vaines clameurs on ne répondait pas ;
Mais je ne sais quel dieu précipitait scs pas.
Sous l’effort de ses mains conduites par la rage,
La porte , en se brisant , laisse un libre passage ;
Il entre : autour de lui nous courons effrayés ;
Il appelle Jocastc; elle était à ses pieds.