‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 109 sur 286 · ACTE V, SCÈNE III. ,/ f · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. ,/ f

Et par des pleurs au moins répondent à des pleurs.

ŒDIPE

Ainsi votre vertu punit mon injustice !

Vengez-vous, ô Créon, par un dernier service 5 Non pas en me rouvrant le palais de Laïus;

Mon aspect l’a souillé : je n’y rentrerai plus.

Je demande une grâce. Ai-je droit de l’attendre?

,CRÉON

Oui. Tout ce que les dieux n’ont pas voulu défendre,

ŒDIPE

Ne songez point à moi : daignez de votre sœiw Recueillir les débris étendus sans honneur :

OEdipe, loin d’ici cachant son existence,

De ses parens trop tard subira la sentence ;

J’irai sur ma colline, encore abandonné,

Retrouver le tombeau qu’ils m’avaient destiné.

Mes fils, du sort jaloux bravant le long outrage,

Seront avec le temps les fils de leur courage.

Mais que seront, grands dieux! mes filles, qui toujours Dans les bras paternels voyaient couler leurs jours,

Qui toujours recevaient d’une bouche innocente L’aliment préparé par ma main caressante?

Ah! prenez-en pitié. Ne puis-je eu ces momens Les couvrir de mes pleurs, de mes embrassemens?

Pour la dernière fois les presser , les entendre ?

Ciel ! de faibles sanglots ! un cri naïf et tendre !

Est-ce vous, mes enfans?

CRÉON

J’ai deviné vos vœux,

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