TOME III, , J O
OEDIPE-ROI
ŒDIPE
Pour prix de vos bienfaits, ayez un règne heureux. Oh! oui. Je les entends. Mais, hélas! où sont-elles? Mes filles , approchez de ees mains paternelles ; Pressez , baisez ces mains , ces mains qui m’ont puni : Je ne puis plus vous voir, ô filles d’un banni !
Je pleure... et de mes yeux c’est le dernier usage-,
Je pleure, mais sur vous, mais sur votre héritage.
Si dans les jeux publics vous traînez vos malheurs, Seules dans vos maisons vous reviendrez en pleurs.
Où seront vos époux ? quelle famille amie Osera par l’hymen s’unir à l’infamie?
Du meurtre de son père un père ensanglanté,
Vous fit sortir des flancs qui l’avaient enfanté;
Vous entendrez les mots d’inceste et d’adultère :
Jamais les noms si doux et d’épouse et de mère.
Créon , vous remplacez et votre sœur et moi : Aimez-les, ô Créon, donnez-m’en votre foi;
Quelles ne portent point la peine de mes crimes : Désormais d’un coupable innocentes victimes,
Pauvres , dans l’abandon , sans appui , sans époux ; Rongez qu’elles n’ont rien , rien que le ciel et vous.
O recueillez encor, vous mes filles si chères,
Non des conseils perdus , mais des vœux , des prières : Que vos paisibles jours soient bénis par les dieux! Thcbaios, de votre roi recevez les adieux.