‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 11 sur 286 · PISON, CNÉIUS · texte numérisé non relu

PISON, CNÉIUS

PISON

On ne t’a point donné d’inûdèles avis,

Et Pison de retour embrasse encor son fils.

Au palais de César, quand le jour luit à peine, Tu conçois aisément l’intérêt qui m’amène,

Et pourquoi, sans témoins, je veux t’entretenir Sur la mort de son fils et sur mon avenir.

J’ai vu Gerrrmnicus expirer en Syrie :

Un sort prématuré l’enlève à la patrie :

4 TIRÈRE.

Il ne me traitait plus qu’en soldat révolté,

Et nos dissentions n’ont que trop éclaté.

J’ai fui tous les chemins où sa veuve Agrippine A vingt cités en pleurs demandait ma ruine :

Sur les mers de Toscane, hier avant la nuit.

Jusqu’aux bouches du Tibre un vaisseau m’a conduit. Je suis enfin dans Rome, et je viens me défendre. Agrippine au sénat s’est-elle fait entendre?

Et déjà les Ro&ains, par la haine animés,

Sèment-ils contre moi des bruits envenimés?

Que disent l’empereur et sa mère Livie?

Séjan même avec eux menace-t-il ma vie?

Et de Germanicus tous les persécuteurs

De son ombre aujourd’hui sont-ils les protecteurs ?

Parle , ô mon cher Cnéius.

CMÉIUS.

Agrippine attendue,

AîïX^ désirs des Romains n’est pas encor rendue.

PISOH.

Ciel!

CHÉIUS.

Mais , aujourd’hui même , elle doit en ces lieux Apporter d’un époux les restes glorieux.

PISON

Que m’apprends-tu?

CMÉIVJS.

Séjan, ce ministre fidèle.

Pour l’observer, sans doute, est envoyé près d’elle.

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