OEDIPE, ANTIGONE, POLYNICE , THÉSÉE, LE CHOEUR
THÉSÉE
Je viens auprès de vous, suivi de ces vieillards, OEdipe; ces éclairs, ces foudres sans orages D’un grand événement sont toujours les présages.
LE CHOEUR
OEdipe , expliquez-nous ces signes redoutés.
OEDIPE
Thésée, enfans d’OEdipe, et vous, peuple, écoutés.
LE CHOETJR.
Quel feu brille en ses traits !
THÉSÉE
Quelle voix solennelle !
ŒDIPE
OEdipe va mourir, et la foudre l’appelle.
igo
DEDIPE A COLONE.
Mourir !
Mon père!
POLYNICE
ANTIGONE
THÉSÉE
Œdipe !
LE CHOEUR
O ciel?
ŒDIPE
Séchez vos pleurs ;
Ne déshonorez pas la fin de mes malheurs.
Coupable , infortuné , mais trop cher Polynice ,
Aux filles de la nuit prépare un sacrifice;
Pénètre dans leur temple ; embrasse leurs genoux : Ton père a pardonné; désarme leur courroux.
Antigone, mon guide, ah! si le roi lui-même Doit seul être témoin de mon instant suprême,
Ah ! du moins , à mon tour, je guiderai tes pas Non loin des lieux secrets marqués pour mon trépas. O clarté douce et pure, et si longtemps perdue,
O lumière des cieux , tu m’es enfin rendue!
Mercure et Proserpine ont ouvert les chemins :
C’est par ici, marchons. Vous, amis des humains, Vous, derniers protecteurs d’OEdipe et d’Antigone,
* Chœur des sages vieillards révérés dans Colone, Jouissez à jamais d’un heureux avenir;
Oubliez mes revers ; gardez mon souvenir.
Sur la terre d’exil si la vertu plaintive
D’un destin tyrannique est un moment captive ,